Auckland et la réalité

Salut, c’est la réalité !

Je me permets de prendre un peu le relais parce que je crois que j’ai bien niqué l’autre tartine qui vous écrivait d‘habitude. En fait, dès le début j’ai compris qu’il avait un souci avec les grandes villes, hein, vous avez dû le comprendre vous aussi quand vous avez lu son torchon sur Wellington. Bon bref, laissez moi vous raconter tout ça…

Alors j’avoue qu’au début je me suis faite discrète, j’ai juste pris la forme d’une petite cloque quand il a fait le Tongariro, et gentiment je me suis installée sans qu’il le sache. En même temps c’était facile, il a passé le weekend à faire la fête à Taupo avec des anglais, des américains, des français et j’en passe. Le gars boit un peu (enfin un peu je suis gentille, il a quand même fini par faire un beerpong au Gin et avec des ricains, pas froid aux yeux le loustique) puis ensuite il marche pieds nus, à l’aise quoi ! Ahah je me suis dit que c’était le moment pour moi de lui rappeler que j’existais. Bon je pense qu’il s’est quand même douté d’un truc parce qu’il a commencé à soigner sa petite cloque avec de la Bétadine, mais moi, pas conne, j’avais déjà fait rentrer quelques bactéries du coin ! Je me suis dit qu’au pire ça lui ferait un bon souvenir pour la maison,  une septicémie et un pied en moins ahah !

Du coup le gars il arrive pépouze à Auckland le lundi, bon il n’avait pas fait vraiment attention à la distance qui séparait l’arrêt de bus de l’hostel, et quand on a un pied qui s’infecte forcément c’est délicat, d’ailleurs c’est à cet instant que j’ai décidé de lui dire bonjour : « Eh salut Jean-Mich, c’est la réalité ! T’as vu il te fait mal ton pied hein ? T’inquiète c’est pas fini mon grand, je t’ai mis des bonnes montées sur la route, et je te réserve encore quelques surprises.. ». Bon il est quand même content, après presque 1h de marche avec son sac de 20kg sur le dos et l’autre de 10 devant, de retrouver sa petite auberge de jeunesse (je crois qu’elle s’appelait le City Garden Lodge, ça envoie comme ça sur le papier). Un grand jardin, un parking qui pourrait éventuellement servir pour une voiture si son affaire devait se conclure et surtout une tête connue qui devait arriver le lendemain, j’ai bien compris à ce moment là que c’était pas une petite cloque qu’allait le déranger ! Alors j’en ai remis une couche lorsqu’il a du retourner en ville pour aller voir Christophe et Damien et parler business, et je peux vous dire qu’il a enfin commencé à paniquer. La fièvre qui monte, la fatigue, les frissons, quelques tremblements alors qu’il devait faire 25°C c’était bizarre. Il s’est posé quelques questions puis finalement est rentré après une bière avec les français, leur conseillant d’ailleurs d’essayer de vendre la voiture plus chère en concession, c’est que le bougre hésitait quand même entre garder son argent pour la suite du voyage ou investir dans sa voiture. Je suis cool, je l’ai laissé dormir, bon j’ai quand même fait en sorte que ses colocataires de la nuit l’emmerdent un peu jusqu’à 2h du mat en allumant la lumière et en laissant les portes ouvertes ahah, ce que j’ai pu m’éclater..

« Eeeeeh la voisine ! Trop content de te voir ! ». Le mec s’est quand même levé à 7h pour être sûr d’être là pour accueillir la grande, bon je les laisse se raconter leur vie. Et gnagnagna c’était trop bien à l’aéroport parce que j’ai eu l’hôtel gratuit (vous avez vu mon petit taquet au passage ? Ahah moi j’ai fait en sorte que le gars ne dorme pas pendant 20h à Singapour et j’ai permis à sa pote d’avoir l’hôtel gratuit, et elle le savait même pas quand elle a pris le billet ! Je m’aime), et gnagna que le voyage s’est bien passé, et gnagnagna que vu que j’ai trop bien dormi bah je suis op pour aller en ville et aller boire des bières pour fêter le début du voyage ! Bon vous aurez compris que c’est sa pote qui parle là, lui il se disait quand même que ce serait bien de se reposer ou de passer à une pharmacie pour soigner son petit pied qui commençait à prendre une mauvaise forme mais non. Je le connais le gars, je l’ai amadoué avec  son envie de faire plaisir à sa pote qu’arrive après un long voyage et avec une bonne bière fraîche évidemment. Du coup, il part en ville en se disant que ça allait bien se passer, d’ailleurs c’est exactement ce qu’il s’est passé ! Ils ont bu, mangé, planifié, rigolé bref ils ont passé du bon temps du côté de Queen Street. Mais la réalité, moi quoi, pendant ce temps là bah je me suis dit « Eh Ginette, mets un peu de nuages, de pluie et de vent dans tout ça, et donne leur une météo de merde pour le retour, on va bien rigoler » et voilà, les deux zouzous se rentrent en voyant le temps devenir pourri, le gars ne sent pas que pendant ce temps là un petit bouillon de culture opère dans sa chaussure et finit par s’en apercevoir à son retour quand il enlève ses chaussettes ! Et ouai mon gars, t’as un bleu carrément au dessus du pied maintenant, avec une veine qui rougit ce qui se voit du bas de ton pied jusqu’à ta cheville ! Bon là il s’est dit « ok, je désinfecte, je me repose et je vais voir le médecin demain », tant pis pour les sous que ça va lui coûter tout ça, la santé d’abord ! Evidemment sa pote vit pas bien le truc, elle arrive, le gars a une infection, il ne fait pas beau, bon je pense avoir bien fait mon job. Mais… je me dis quand même, il faut un petit truc en plus tu vois, quelque chose qui lui fasse comprendre que moi, la réalité, je peux être une vraie conne quand je veux, et que j’aime ça ! Du coup, je lui prépare un petit souvenir qu’il ne pourra pas oublier. Et c’est sa mère qui lui apprendra. J’avoue je suis une vraie conne mais par respect pour lui, car oui je peux en avoir un peu (en fait non mais c’est pas vraiment moi qu’écris), je ne vais pas rentrer dans le détail. Sachez juste que c’est le genre d’évènement qui touche un proche de façon irréversible, si vous voyez ce que je veux dire. Avec ça, le temps pourri et l’infection je me suis dit qu’il finirait bien par avoir envie de rentrer.

Bon, finalement il passe la nuit à réfléchir, il se dit que ça ne sert à rien de rentrer pour le moment et que dans tous les cas la priorité était de se faire soigner. Pas con. Du coup le mercredi il part voir le médecin, il passe ensuite à la pharmacie et récupère ses antibios. Bon, mon affaire commence à sentir mauvais, le gars reste, il arrive à se soigner pour la maudite somme de 130$ qu’il pourra très certainement se faire rembourser et en plus avec tout ça il finit par acheter la voiture ! Une Honda Odyssey, un des classiques de backpackers comme lui, où on peut installer un lit à l’arrière. Mais je le fais encore douter sur ses envies de rester du coup il préfère garder la voiture en l’état pour le moment et voir plus tard s’il la transformerait en voiture-camping. Bref, finalement tout ce qu’il me reste à ce moment c’est la météo merdique ! Suite aux conseils du médecin il décide quand même de rester un jour de plus à Auckland pour se reposer, en même temps avec ce que je lui ai mis dans la tronche il en avait bien besoin ! Du coup le départ d’Auckland était prévu pour le vendredi maintenant, lui et sa voisine avaient décidé d’aller dans le nord pour aller voir le Cape Reinga, trop jôli pour que quelqu’un comme moi vous en dise plus que ça, et de faire une pause à Paihia, malgré la pluie du weekend.? Vous en saurez peut être plus dans les prochains articles hein ! Moi il est hors de question que je parle de trucs positifs ici !

Finalement, le jeudi Jean-Michel reste posé, la jambe en l’air, sous antibios, avec sa pote qui lui prépare son petit manger, qui le chouchoute et tout ça bah ça m’énerve ! C’est quoi là ces gens qui ne veulent pas accepter la réalité et qu’essayent de se relever comme ça après des épreuves pourries ! C’est vrai quoi, il ne pouvait pas juste se contenter de déprimer, perdre un pied et rentrer en pleurant à la maison en abandonnant l’autre là ! Eh bah non, et ça m’énerve. En plus le jeudi soir, une fois qu’il va mieux, ce qui se voit tout de suite à la couleur de sa plaie qui était bien plus belle que la veille, bah le gars décide de rejoindre Morgane, qu’il avait rencontré à Rotorua, en ville accompagnée de sa voisine. Le pire, c’est qu’ils passent une bonne soirée ! Des bières, des nachos, des grandes conversations, de la rigolade, bref, le mec commence déjà à m’oublier. Je vous avoue qu’il pense quand même encore énormément à ce que lui a annoncé sa mère alors moi, bah d’un côté je suis heureuse, mais je reste énervée parce qu’il fait tous ses efforts pour passer au dessus, et sa famille qui le rassure évidemment ça a tendance à m’exaspérer… Après tout c’est peut être par jalousie que je suis comme ça.

Enfin au final vous savez quoi ? Bah tout ça ça me donne envie de vous laisser là, je vais prendre quelques vacances moi aussi et le laisser se démerder avec son bonheur. En espérant franchement qu’au boulot c’est la merde pour vous !

Cordialement,

La réalité

P.S. : Je vous lâche quand même une photo de Damien, le Jean-Mich, Christophe, la voisine et la voiture, parce que je sais être sympa des fois

Une réflexion sur “Auckland et la réalité

  1. Pas de commentaire a rallonge cette fois-ci mais Un commentaire serieux :  » détruire la réalité pour qu’elle ne vois détruise pas! » Thierry Lutherbacher
    Mission accomplie

    Et une blague: « ca va etre sympa de voyagey avec ton odyssey, o-o-o-odyssey » (inutile de te dire sur quel aire de musique tu dois chanter cette phrase)

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