Northland, bisous la réalité !

Kia ora !

Après un dernier article un peu particulier, revenons en douceur au bon classique de l’article qui fait rêver la ménagère (ou pas). Petite parenthèse de vert (mes collègues comprendront) : je tiens une nouvelle fois à vous remercier pour vos messages de soutien et vos critiques sur mes précédents articles, vos retours sont importants pour moi, dans les bons comme dans les mauvais moments et je ne vous remercierai jamais assez pour cela. J’espère parvenir en retour à vous faire voyager et à vous faire ressentir chaque instant passé ici, à l’autre bout du monde. Enfin sachez que mon pied va bien mieux, les antibiotiques n’ont mis que 24h à faire effet donc la situation était déjà nettement meilleure dès Auckland.

Comme vous l’aurez compris, la dernière étape n’a pas été ma préférée. Elle aurait pourtant pu en faire partie étant donné les retrouvailles prévues avec Marine et le roadtrip qui devait s’en suivre pendant 3 semaines. Mais la réalité est imprévisible, heureusement pour moi j’ai appris avec les années à lui faire face, lui tendant le plus beau et le plus élégant des doigts d’honneur tout en lui sifflotant le générique de Robin des Bois, toujours avec le sourire. Bon Ginette, le doux prénom que je donnerai désormais à la réalité, nous a quand même laissé un petit souvenir pour notre passage dans le Northland : le temps de merde.

Le Northland est la région située au Nord d’Auckland, les hémisphères étant inversés on peut considérer cet endroit comme le plus chaud du pays et donc propice aux journées plages et autres activités à pratiquer au soleil. Après Auckland et malgré les tentatives mesquines de Ginette, nous avons décidé de profiter de notre nouveau moyen de locomotion pour nous diriger vers Paihia le temps de 2 nuits. Il s’agit d’une petite ville de la Bay of Islands connue pour son côté chill très développé. Des bars, des plages, des hostels vraiment charmants, le coin parfait pour profiter des vacances à la mer comme on les aime. Bon on est aussi venu ici dans l’espoir de retrouver le soleil même si elle Bretonne, moi Normand, voir des plages sous la pluie, on était habitué.

 Je ne vous cache pas que de me mettre pour la première fois au volant dans un pays où les gens roulent à gauche, qui plus est dans la plus grande ville du pays,  n’a pas été très rassurant au départ. Finalement on s’habitue très rapidement à ce mode de conduite, bon bien sûr de temps en temps on est un peu trahi par les essuie-glaces qui se déclenchent quand on veut tourner mais, j’imagine que les locaux ont l’habitude de voir les touristes utiliser ces derniers pour tourner et mettre le clignotant quand il se met à pleuvoir. Le stress laisse donc place rapidement à la joie d’être libre de ses mouvements dans ce pays où n’importe où il est possible de s’arrêter pour admirer la vue. Nous expérimenterons cela pour la première fois peu de temps après le départ d’Auckland, lors du passage par une petite route après avoir aperçu un panneau « Dome Forest Lookout ». Complètement à l’arrache, notre première rando se fera sur un terrain mouillé, sans provisions, pensant que nous n’en aurions que pour une dizaine de minutes. Résultat : 549 marches à gravir pour trouver le fameux point de vue, soit quasiment 1h30 aller/retour. Ce n’est pas que c’était difficile, mais c’était bien plus long que la petite ballade que nous avions imaginé. La vue sur la forêt restait cependant magnifique, malgré les nuages et la pluie fine qui étaient de la partie, et pouvait donner à Marine un bon aperçu de ce que serait ce voyage.

Une fois revenu à la voiture, la route pouvait reprendre en direction de Paihia. L’atmosphère de roadtrip qui commençait à s’installer allait vite nous permettre de profiter pleinement de ce voyage. Nous arrivons enfin au Mousetrap Backpackers (comprendre le piège à souris). La déco est au top, la gérante, Nikki, nous fait faire le tour. Après être passé par l’extérieur, profitant ainsi encore un peu de la pluie, nous découvrons le living room et sa terrasse (couverte) avec vue imprenable sur la mer non loin de l’hostel. Les chambres, situées à l’étage inférieur, sont propres et chaleureuses tout comme le reste de l’endroit, nous somme conquis ! C’est un nid parfait où rester au chaud par ce temps de pluie et un bon endroit pour décapsuler nos premières bières ! Marine nous prépare l’apéro et nous finirons par la suite une bouteille de Pinot Noir. Cela nous permet également d’échanger quelques mots avec nos roommates et de nous organiser pour le lendemain ! L’objectif est d’aller, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, au Cape Reinga, c’est-à-dire à la pointe de l’île Nord où l’on peut apercevoir le courant de marée provoqué par la rencontre de la mer Tasman et de l’Océan Pacifique.

C’est ainsi que nous nous levons le lendemain, prenons le petit déjeuner (j’avoue que ma voisine m’a un peu appris à manger le matin pendant le voyage, ce sera ici que commencera la tradition banane, pomme et yaourt) et préparons les sandwichs pour pique-niquer au nord de l’île. La route pour aller au Cape Reinga est relativement longue depuis Paihia, il faut compter 3h aller et 3h retour ! Mais ce n’est rien, s’agissant de notre première vraie attraction depuis que nous sommes ensemble, la motivation pour prendre la route ne manque pas. Dans la voiture l’ambiance est bonne et la musique forte, ce sera d’ailleurs un leitmotiv lors de nos prochaines virées en voiture. Commençant à apercevoir la côte, nous marquons une première pause à Coopers Beach et profitons de la vue sur l’Océan Pacifique.

Nous reprenons ensuite la direction du Cape Reinga avec pour toile de fond la beauté des paysages et les hectares de champs et de terrains vallonnés sur lesquels se succèdent moutons et vaches. Nous arrivons enfin à notre but, le ciel semble se dégager comme pour nous faire un cadeau, je crois même l’entendre murmurer un petit « ne vous inquiétez pas, j’emmerde Ginette moi aussi ». Le chemin partant du parking et nous menant au phare du cap nous permet de profiter d’une vue imprenable sur les deux mers, à gauche la mer Tasman à droite l’Océan Pacifique. Bon je ne vais pas vous cacher que ça reste de l’eau des deux côtés hein, mais quand même, c’est plus badass de le dire comme ça ! Les côtes ne sont pas sans rappeler les côtes Bretonnes. Je vous laisse constater par vous-même la beauté des lieux :

Nous décidons de parcourir quelques centaines de mètres sur la route du retour pour nous poser sur un bord de route avec vue imprenable sur la mer pour profiter de notre pique-nique. D’ici on peut apercevoir la pointe avec ses dunes et ses plages solitaires. Assis à l’arrière de la voiture, bière et sandwich à la main, nous contemplons ce spectacle. Un pur instant de bonheur après ces derniers jours.

Après toutes ces émotions, retour à l’hostel avec sur la route quelques pauses photos  :

Une fois posés dans l’arrière cour de l’hostel, nous mangeons un bout, prenons une bière et décidons de faire quelques calculs concernant la suite du voyage. En effet la vitesse à laquelle l’essence part nous panique un peu, il est donc important de vérifier le budget si nous ne voulons pas écourter le séjour chez les kiwis. C’est à ce moment que Ginette refait surface, sans doute parce qu’elle n’a pas aimé la réaction du ciel et mes sifflotements.. Elle commence par nous envoyer tous ses amis les moustiques qui nous attaquent sévèrement pendant la pause budget-apero, puis vient ensuite un autre imprévu un peu plus conséquent, Marine commence à avoir des plaques partout sur le corps, Elephant Woman sera d’ailleurs son surnom de la soirée tant elle enfle de partout J Après avoir consulté Nikki et Jake, les gérants, nous prenons la décision d’aller aux urgences où un médecin nous attend pour consultation, j’en profite également pour demander à Nikki s’il est possible de booker une nuit de plus sachant qu’un départ le lendemain comme prévu initialement semble désormais compromis. Il est 23h, Marine panique, je conduis de nuit et à gauche pour la première fois, mais au final on se débrouille bien. Le médecin est vraiment adorable, il lui explique calmement que son allergie peut-être due à ce qu’elle a mangé, nous pensons alors aux tomates qui n’ont pas été rincées. Après lui avoir donné ses médicaments, il propose à Marine de payer le minimum, à savoir 60$ au lieu des 100$ normalement prévu pour ce genre de situation, en prétextant qu’à notre place il n’aimerait pas dépenser son argent dans ce genre de situation et qu’il préférerait l’utiliser pour voyager. Il a tout compris. On reste avec lui pendant une petite heure à discuter des choses à faire sur l’île Nord. Il nous donne de bons conseils, c’est d’ailleurs grâce à lui que nous finaliserons notre itinéraire. Napier ne sera plus sur la liste des destinations, en revanche nous irons à New Plymouth, il nous conseille également Orakei Korako sur la route entre Taupo et Rotorua qui ressemble à Waiotapu mais ou il y a bien moins de touristes, une fois de plus nous notons son conseil. Je ne pense malheureusement pas à prendre une photo avec lui à ce moment là, ce sera mon grand regret. Ce médecin représente tout ce que l’on dit des Néo-zélandais, il est gentil, souriant, soucieux et de bon conseil. Nous finissons par le quitter, rassurés, pour retourner à notre hostel et passer une nuit bien méritée. Le lendemain Nikki et Jake viennent tout de suite aux nouvelles, nous leur apprenons le diagnostic, racontons notre aventure avec le médecin et il était déjà clairement visible que la santé de Marine s’était améliorée.  C’est donc le sourire aux lèvres et dans la bonne humeur que l’on commence cette journée, plaisantant déjà sur l’histoire de la veille et sur Ginette qui visiblement ne voulait pas nous lâcher ! Tant de merdes en si peu de temps, cela devenait finalement risible au point de nous faire apprécier de plus en plus ces moments insolites.

Le programme de la journée est plutôt simple, écriture et petite ballade, le plan étant d’aller aux Haruru Falls dans l’après midi, chutes d’eau situées non loin de l’auberge. Peu de détails intéressants sur ce début de journée sous le signe du repos, je vous passe la description et arrive directement aux photos :

Comme vous pouvez le constater, l’eau est d’une couleur boue assez prononcée, ce qui se retrouve également du côté des plages et ce qui nous rassure donc quand au fait de ne pas pouvoir s’y baigner à cause du temps.

Nous tenterons le début de la randonnée qui part des chutes puis choisirons ensuite de retourner à l’hostel afin de profiter des quelques terrasses de bar se trouvant non loin de ce dernier. Le soleil enfin de retour dans nos vies, le moment est idéal pour se poser, boire, discuter, manger et planifier le départ prévu le lendemain en direction du Waitomo District, situé au Sud d’Auckland sur la route menant à New Plymouth. S’en suit la soirée toujours en terrasse puis une dernière nuit dans cette auberge. Cela marquera pour nous la fin des jours pluvieux et d’une réalité bien trop pesante dans notre voyage. Nous partirons donc le lundi matin, sous le soleil, musique à fond et avec le sourire en direction des grottes de Waitomo en espérant que, pour vous, tout se passe bien au bureau 😉

Une réflexion sur “Northland, bisous la réalité !

  1. Les enchainements de galère, c’est pas facile à gérer mais il faut garder le cap !! Il faut composer avec Ginette, la garce… Bon courage pour la suite. Bizzz

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *