A l’assaut du Mont Taranaki !

Konnichi wa !

Bon je vais essayer d’accélérer un peu la cadence pour rattraper ce retard, après tout je ne suis sensé avoir que 10h d’avance sur vous, pas trois semaines 😉 La dernière étape aura été finalement très positive malgré le temps pourri et le passage aux urgences. Parfait pour faire la transition avec la suite du voyage qui allait de nouveau me replonger dans un état de béatitude complet face à la beauté des paysages et à la bonne ambiance générale qui règne partout en NZ.

Lundi 13/03, réveil à 9h, pépouze, les sacs sont déjà prêts, le petit déjeuner vite expédié, nous partons après le checkout de 10h en direction de Waitomo District et de ses grottes, très réputées dans le monde du tourisme backpackerien néo-zélandais. La route va être longue, un peu plus de 5h annoncées par Google Maps et environ 9h par l’application que l’on utilisera tout le long du voyage : MapsME.

Petite parenthèse qui peut être très utile pour les gens qui voyagent, comme nous, MapsME permet de télécharger les cartes des pays que l’on souhaite afin de gérer une navigation totalement hors ligne. L’application ne marche pas trop mal si ce n’est qu’il ne faut ABSOLUMENT PAS lui faire confiance en ce qui concerne les temps de trajet ! Ce ne sera pas rare de voir par exemple 106km (5 minutes restantes) ou encore le classique du double du temps normalement donné par Google ! On finira même à la fin par parier, avec Marine, sur le temps de trajet que va nous annoncer notre nouvelle amie, Jacqueline la petite voix du GPS. En revanche vous y trouverez même l’itinéraire de chemins de randonnées, ce qui peut être pratique quand on n’a pas accès au réseau.

Bref, assez parlé de Jaja, penchons nous sur  la suite de notre histoire ! Le temps de trajet assez long, le passage par Auckland et le soleil qui revenait impliquaient évidemment quelques pauses sur la route afin de mieux apprécier ce petit roadtrip. L’une des étapes que nous voulions faire était Goat Island, un petit coin de paradis réputé pour son snorkling (masque et tuba) praticable facilement et pouvant offrir de belles vues sur les fonds marins. Nous savions que le temps nous manquerait pour pratiquer cette activité seulement la beauté de l’endroit nous intriguait, sachant que cela avait été recommandé à Marine peu avant son arrivée à l’auberge d’Auckland.

J’étais depuis toujours attiré par les chutes d’eau, cela deviendrait d’ailleurs un petit jeu, essayer d’en voir le plus possible, sachant que cela était facilité par le fait que chaque chute est indiquée sur un gros panneau marron difficile à louper et par le peu de routes présentes sur le territoire néo-zélandais. C’est ainsi qu’à peine 1h après le départ de Paihia, je propose déjà une pause à ma copilote après avoir aperçu l’un de ses gros panneaux indiquant « Whangarei Falls ». Nous ne regretterons pas puisque ces chutes, accessibles  sans risquer une rando improvisée comme nous en avions déjà vécu l’expérience auparavant, en valaient vraiment la peine.

Moral et musique à fond, la route pouvait reprendre direction Goat Island. Marine sera d’ailleurs un excellent copilote ! Non pas qu’elle indique hyper bien la route mais parce qu’elle s’occupe de vous comme personne 🙂 Toujours une petite barre de céréales à portée de main, de l’eau, elle prépare même les sandwichs s’il le faut ! L’ambiance dans la voiture est au top, la prochaine pause s’annonce au top également. Bon le gros problème de mon copilote reste qu’elle indique toujours un peu tard les moments où il faut changer de direction, mais au final on s’en fout ! On est là aussi pour se perdre et toujours tomber sur des bonnes surprises. Comme ici :

Nous décidons d’ailleurs de suivre les panneaux « Goat Island » après avoir loupé la route recommandée au départ par ma copilote, ce qui nous fera faire un léger détour mais qui nous permettra de profiter de la côté, magnifique sous le soleil néo-zélandais. Après avoir aperçu quelques belles plages nous arrivons enfin au parking. Nous marchons quelques mètres puis nous posons à une table, avec notre attirail à pique-nique, d’où nous avons directement vu sur la fameuse Île de la Chèvre ! Comme expliqué précédemment, nous ne sommes pas équipés pour piquer une tête ici et nous finirons par le regretter.

Quelques oiseaux prêts à bondir sur la moindre miette nous accompagnent pendant notre déjeuner, comme cela deviendra une habitude ici.

Après avoir fait un petit tour sur la plage et pris les quelques clichés ci-dessus, nous remontons dans notre carrosse en direction des grottes de Waitomo. Les passages par Auckland et Hamilton seront rapides, nous apercevrons ces grandes villes seulement depuis les voies rapides en périphérie, ce qui nous va franchement bien. Puis petit à petit nous nous enfoncerons dans la campagne du district de Waitomo. Les paysages sont magnifiques, un ensemble de petits monts verdoyants à la pente très abrupte. Nous finissons par arriver au Kiwi Cave Rafting BBH, un hostel perdu au milieu de nulle part, où nous passerons seulement une nuit. Le nom de l’hostel rappelle plus une activité sportive qu’un endroit où passer la nuit, cela s’explique par le fait que leur activité principale est le rafting dans les grottes, ils possèdent simplement un petit bâtiment qu’ils ont aménagés afin de pouvoir y loger quelques touristes. Quand nous rentrons dans ce dernier, nous devenons complètement enthousiastes à l’idée d’y passer la nuit. Cela fait penser à une petite maison dans laquelle nous serons seuls, la chambre où nous passerons la nuit est équipée de 4 lits, deux lits une place et un lit 2 places. Après avoir fait cette découverte je m’empresse d’aller demander à l’accueil si d’autres personnes doivent dormir dans la même chambre, réponse négative, très bien, je prendrai le lit 2 places ! A l’arrière du bâtiment se trouve une petite terrasse, parfait pour manger dehors, la vue donne sur la campagne, le coin est clairement tranquille, j’espère seulement que le ciel sera dégagé le soir pour pouvoir regarder les étoiles. Un peu plus tard un groupe d’allemands investit les lieux, tant pis pour la tranquillité, nous devrons nous partager la maison. Ils seront au final plutôt discrets et assez souvent dans leur chambre 🙂 La nuit ne sera malheureusement pas suffisamment dégagée pour les étoiles soient observables, nous nous vengeons donc sur un petit film d’horreur dans la chambre devant lequel les paupières lourdes auront raison de la fin de l’histoire.

Le lendemain matin, direction les grottes. La grotte que nous avons choisi ne sera pas la plus touristique, nous nous rendrons d’ailleurs compte qu’il s’agira de la petite visite des vieux puisque le groupe que nous intégrons ne comportera quasiment que des… vieux 🙂 1 couple d’australiens, 1 couple d’italiens et 1 couple d’anglais (dont le mari qui nous cassera bien les bonbons par la suite). Une navette nous récupère et c’est parti pour la visite. Pendant le trajet nous menant à l’entrée de la grotte, le guide nous explique que cette région, qui est désormais protégée, était sous la mer il y a quelques millions d’années. Cela explique les nombreuses galeries et le côté très vallonné de ce petit coin de campagne, le relief ayant été dessiné par les courants marins de l’époque. Le guide nous emmène ensuite à la Footwhistle Glow Worm Cave, nous empruntons pour cela un sentier passant à travers la végétation d’où l’on peut apercevoir quelques ruisseaux aboutissant sur de petites cascades se dirigeant directement sous la terre.

Nous descendons ensuite l’escalier nous menant dans la grotte. Il sera difficile de prendre des photos pour deux raisons, la première est que mon trépied est malheureusement resté en France et que ce dernier est plus qu’utile pour les photos en intérieur avec très très peu de luminosité, la seconde raison est l’anglais qui nous accompagne. Ce dernier passera son temps à rester planté devant les spots intéressants sans se bouger ! Raaaaah il m’a tellement énervé, mais au final cela m’a permis de passer mon temps à réellement profiter de la visite et des joyaux de cette grotte plus qu’à trouver le cliché parfait. Et quels joyaux.. dans la première galerie nous aurons un aperçu de ce que sont les glow worms, il s’agit de vers pendant accrochés au dessus de nos têtes, de loin cela ressemble à plusieurs petites boules fixées les unes aux autres à la manière d’un collier de perles. Ces derniers sont quasiment transparents et seule leur tête émet de la lumière lorsque nous sommes dans le noir. Le guide éteindra d’ailleurs les lumières dans la galerie suivante, il nous demandera également de crier très fort, ceci à en effet pour résultat d’augmenter l’intensité de la lumière émise par les vers. Nous sommes tous subjugués par la beauté de la grotte avec ces lumières par-dessus nos têtes, moi qui n’avais pas pu voir les étoiles la veille, me voilà rassuré lorsque j’observe cette nuit étoilée totalement créée par ces vers luisants.. je vous invite à googler Waitomo si vous souhaitez avoir un aperçu de ce spectacle magnifique. Nous en profiterons pendant toute la visite puis nous finirons par ressortir en gravissant les mêmes marches qu’à l’aller. Nous nous installerons en fin de visite dans un petit cabanon déjà croisé à l’aller où nous sera servie une tasse de thé.

De retour à la voiture, nous demandons à Jacqueline ne nous emmener à New Plymouth pour finir cette journée. Il s’agit d’une ville en bord de mer située non loin du Mont Taranaki, dans l’ouest de l’île Nord. Ce lieu étant plutôt à l’écart, un certain nombre de touristes ont tendance à l’éviter, nous comprendrons plus tard que cela aurait été bien dommage. La route se passe bien, comme toujours, nous quittons petit à petit les collines de Waitomo pour nous rapprocher du bord de mer.

Nous nous arrêterons d’ailleurs non loin des 3 sisters afin de manger un bout et de profiter du paysage.

Nous finissons par arriver au Sunflower Lodge à New Plymouth où nous nous installons. La gérante nous conseille sur les randonnes à faire dans le coin, elle nous indique également le chemin pour aller à la mer à pied depuis l’hostel, sachant qu’il y en a plusieurs, un passant par la route et l’autre longeant la rivière. Persuadé qu’il sera adapté, je propose à Marine que nous y allions habillés en bon touristes prêts à se baigner, tongues aux pieds et serviette autour du coup.

Le chemin passant le long de la rivière sera au final une bonne rando en forêt avec ses pentes et ses flaques de boue ! Nous finirons par faire demi-tour et par passer par la route 🙂 Arrivés à la plage je dois vous avouer que nous sommes un peu… déçus. Nous nous attendions à une grande plage de sable fin avec une mer bleue comme la NZ et nous arrivons sur un bord de mer rocailleux où il ne semble pas faire bon de se baigner. Nous restons tout de même pendant une bonne heure à contempler la mer Tasman imaginant l’Australie se trouvant en face de nous.

Le vent finit par se lever ce qui nous pousse à rentrer à l’hostel après cette nouvelle journée bien remplie. Apéro du soir espoir, le lieu nous plait tellement que nous prenons tout de suite la décision d’y passer une nuit de plus. Arrivés dans notre chambre, nous faisons la connaissance de Maryann, Yann et Erik, respectivement américaine, néo-zélandais et américain. Cette première soirée vire rapidement au dodo pour ma part, la journée ayant été longue avec la grotte, la route et la plage. De plus nous nous reposons afin d’affronter le lendemain la randonnée en direction des Pouatai Tarns, il s’agit d’étangs depuis lesquels nous sera offerte une vue magnifique sur le Mont Taranaki, « the perfect picture » selon la gérante. Nous serons tous réveillés par les paroles de Yann en pleine nuit, quasiment parfaitement compréhensibles, je penserai même à ce moment là que lui et Erik étaient en train de discuter..

Mercredi matin, après avoir petit déjeuné puis préparé les sacs, nous décollons de l’hostel en direction de notre objectif de la journée, première vraie randonnée que nous faisons depuis l’arrivée de Marine. Au fur et à mesure que nous nous approchons en voiture du Mont Taranaki, nous contemplons la beauté de cet ancien volcan planté là, au milieu des plaines, comme seul et abandonné par les autres montagnes de la région. La végétation a largement repris le dessus et forme, autour de lui, un cercle quasiment parfait facilement identifiable depuis une vue aérienne. L’ascension du ce géant m’excite grandement, cela est également pour moi la première grande marche depuis le Tongariro et l’infection qui a suivi.

Avant de passer au paragraphe suivant, laissez-moi vous raconter l’histoire du Mont Taranaki (enfin laissons Wikipedia vous raconter l’histoire, le copier-coller est tellement plus simple..). Selon une légende māori, le dieu Te Maunga o Taranaki vivait autrefois dans le centre de l’île du Nord avec les autres dieux Tongariro, Ruapehu et Ngauruhoe qui étaient tous amoureux de la déesse Pihanga. Taranaki décida alors de faire des avances à Pihanga ce qui mécontenta Tongariro qui laissa exploser sa colère, secouant les fondations de la Terre et obscurcissant le ciel. Une fois calmé, Tongariro était devenu plus petit mais s’était rapproché de Pihanga. Dépité et en pleurs, Taranaki décida de quitter la région : il traversa la rivière Whanganui, se dirigea vers le nord après avoir rejoint l’océan et s’endormit. À son réveil, le mont Pouakai était né et l’avait emprisonné à son emplacement actuel. D’autres légendes māori racontent que Taranaki rencontrera un jour Pihanga et qu’il est par conséquent imprudent de vivre entre les deux montagnes. Les Māori racontent aussi que lorsque le mont Taranaki est recouvert de brume et de pluie, c’est Taranaki qui pleure d’avoir perdu Pihanga.

La randonnée débute en forêt, le chemin est relativement bien entretenu et nous commencerons par grimper tout doucement en empruntant les premières marches, ces escaliers deviendront nos uniques compagnons durant les deux prochaines heures. Après cette montée épuisante, le terrain commence à redevenir plus plat et la végétation moins fournie ce qui nous permet enfin d’apercevoir les paysages du haut de ces quelques centaines de mètres que nous venons de gravir. Partant de très bas, la première vue que nous partageons est tout simplement sublime, au loin nous apercevons la mer et devinons les rues de New Plymouth, c’est à cet instant que nous nous rendons compte de la hauteur que nous venions de prendre après cette longue ascension.

Nous continuons ensuite jusqu’à arriver à la Pouakai Hut, d’ici nous voyons pour la première fois depuis le début de notre randonnée le Mont Taranaki. Nous profitons de cette vue le temps d’une courte pause puis reprenons l’ascension avec la perfect picture comme objectif. Nous passons par un point d’où le Mont apparaît clairement, le panorama offert ici sera l’un des plus magnifiques de cette randonnée, avec vue sur la mer et sur l’horizon.

Ayant eu le gros coup de cœur pour cet endroit, nous évoquons l’idée de revenir ici après être passés par les étangs afin de pique-niquer, choix que nous ne regretterons pas. Nous prenons donc de Pouakai Tarns qui se trouve à une vingtaine de minutes d’ici. Une fois arrivés, nous comprenons enfin pourquoi la gérante parlait de cette photo parfaite, le reflet du Mont sur l’étang permettait effectivement de prendre un cliché inoubliable du roi de ce district.

Retour sur notre point de vue favoris, nous entamons la pause déjeuner, j’en profite pour m’ouvrir une petite bière afin de profiter de la vue et du soleil qui était au rendez-vous depuis notre réveil ! Marine commence pour la première fois à apprécier la montagne, elle qui est plus plage habituellement, elle se convertira tout doucement à ce type de vacances. En même temps, il est difficile de ne pas craquer face aux somptueux paysages de la Nouvelle-Zélande 🙂 Comme une enfant (c’est elle qui le dit !) Marine me demande de prendre quelques photos d’elle avec le mont derrière que je tenais à vous partager :

Nos chemins se sépareront ici pour la fin de la randonnée. En effet, je tiens absolument à rejoindre une cascade normalement située à une petite heure de notre emplacement, Marine préfère s’économiser pour le Tongariro prévu pour bientôt, elle préfère donc faire demi-tour et retourner non loin de la voiture trouver un coin ou faire bronzer ses gambettes. Je me remets donc la peau du backpacker en solo que j’étais il y a plus d’une semaine et décide de partir à l’aventure, appareil photo à la main. La première personne que je croise en allant à la cascade me demande où je vais, je lui explique et elle me répond quelque chose dont je ne comprendrais finalement qu’un mot sur dix. Cela dit, elle n’avait pas l’air confiante sur mon objectif et semblait me dire qu’il me faudrait bien plus d’une heure. Mais n’ayant pas vraiment compris et voulant absolument chasser cette cascade, je continue quand même mon chemin ! Ce dernier commence d’ailleurs à devenir plus compliqué, un petit passage nécessitera d’ailleurs une petite séance de désescalade de rochers, j’adore ! Je croise d’autres personnes qui semblent réellement fatiguées. Pour information, la route que je prends correspond à la dernière étape d’une randonnée qui normalement se fait sur plusieurs jours et qui fait le tour du Mont Taranaki, je croise ces personnes car je fais la route à l’envers. J’en profite pour admirer le paysage et prendre encore quelques clichés, la marche n’est pas très compliquée pour le moment et le soleil est clairement au rendez-vous.

Seulement voilà, je commence vite à déchanter quand je vois les premières flaques de boue dans des parties de la randonnée qui semblent ne jamais voir le soleil. Je continue quand même et entame une descente assez abrupte. Cela fait plus de 30 minutes que je suis parti et je ne vois toujours pas l’un des premiers points que j’aurai du croiser, la descente ne se finit pas et je commence à penser très sérieusement au temps et aux efforts qu’il me faudra pour remonter tout ça.

Le sentier est en réalité un escalier dont certaines marches ont été emportées par les pluies de la semaine précédente. Les flaques de boue deviennent de plus en plus difficiles à esquiver, je finirai d’ailleurs par y enfoncer plusieurs fois les pieds, heureusement mes supers chaussures tiennent le choc ! Aventurier toujours, je décide quand même de continuer, je crois même d’ailleurs entendre au loin le son de l’eau qui tombe sur des rochers, ce qui me motive encore plus.. jusqu’à ce que je croise encore quelqu’un après avoir descendu 5 bonnes centaines de marches. Cette personne me demande où je vais, je lui explique, il dit qu’il ne connaît pas la cascade, je lui demande donc si je suis loin du premier point que j’aurai déjà dû croiser et qui est sur la route de la cascade d’après ma carte, il me répond qu’il faut compter encore plus de 30 minutes pour l’atteindre, et tout cela à cause de l’état du terrain. Qu’à cela ne tienne ! J’y vais quand même après l’avoir remercié, il me souhaite bon courage, moi aussi car je sais que sa montée sera longue et compliquée, puis nous nous quittons. A ce moment là je continue toujours de descendre des escaliers pendant quelques minutes jusqu’à arriver à une flaque de plus de 10 mètres de long quasiment impossible à esquiver. Je me remémore à ce moment là le pantalon du gars croisé précédemment avec de la boue jusqu’aux genoux. Je pense également à Marine que j’ai quitté depuis déjà 1h et au temps qu’il me faudra pour la rejoindre, soit environ 3h si je fais demi-tour maintenant. Pas con, je décide d’abandonner ma quête et de faire demi-tour ! La montée s’avère d’un coup bien moins amusante que la descente, surtout lorsqu’il faut passer les flaques de boue par-dessus lesquelles il était bien plus simple de sauter à l’aller ! Je finis par rattraper mon conseiller préféré, je lui explique mon choix, il acquiesce complètement par un « I think it’s a good choice ». La montée continue, je crashe un peu mes poumons, et pour cause, l’arrivée de Marine m’a fait reprendre légèrement la cigarette (bon ok, c’est surtout une histoire de volonté, mais c’est bien plus facile d’accuser les autres !). Mais l’endurance et le souffle sont quand même plutôt bons, il y a toujours cette période où le corps galère un peu à s’adapter aux efforts puis au bout de 5 minutes on sent tout de suite qu’il se met dans le rythme et alors tout nous parait possible, même pour un gars pas sportif comme moi ! Du coup je profite de cette poussée pour continuer et finir cette montée afin d’arriver sur le plateau, évidemment je savais ce qui m’attendait ensuite, à savoir que de la descente, ce qui motive vraiment après ces quelques 5h de randonnée, déjà. Arrivé en haut, je trouve un petit ruisseau où je nettoie mes chaussures pleines de boue puis je profite enfin, quelques dizaines de mètres plus loin, du paysage le temps d’une petite pause eau et barre de céréales. Je trouve même un transat naturel dans un rocher avec vue sur l’océan et New Plymouth. Encore un instant inédit au milieu de cet environnement idyllique.

Je prends enfin le chemin de la descente, celle-ci repassera par la forêt.

Me sentant en pleine forme, je décide même de faire une grande partie de cette descente en courant, cela fait un bien fou. Je m’arrête après avoir senti une petite faiblesse au niveau de la cheville et finis à pied. Je mettrai donc moins d’une heure à faire cette partie de la randonnée qui nous aura pris plus de 2h à l’aller. Je retrouve Marine, installée sur la pelouse de ce qui semble être le jardin de kiwis habitants le long du chemin de randonnée. On discute, je lui raconte mes malheurs avec la boue et elle me raconte qu’elle a également terminé la randonnée en courant. Nous quittons notre petit coin après avoir capté le signe envoyé par les habitants de la maison qui démarrent le tracteur tondeuse.

La soirée sera excellente, nous prenons l’apéro et discutons avec une bonne partie des personnes de l’auberge. C’est d’ailleurs à cet instant que je comprends qu’un festival est planifié à 5 minutes à pied de l’hostel où nous sommes, il y passera entre autre Parov Stellar ou encore Emir Kusturica, il s’agit du WOMAD et nous regretterons complètement de ne pas l’avoir su avant. Les hostels sont déjà pleins et les places très chères, nous avons par chance réserver les 3 nuits qui précèdent le début du festival, sans même le savoir, 2 jours plus tard et nous n’aurions très certainement pas pu venir à New Plymouth ! Yann était d’ailleurs ici en tant que bénévole pour le festival, d’où sa nationalité néo-zélandaise (ce qui faut le dire était très rare lorsque l’on dort en auberge de jeunesse, je crois même qu’il s’agissait du premier néo-zélandais que je croisais en auberge et qui n’y travaillait pas). Bref, nous finissons la soirée dans notre chambre à discuter et rigoler, notamment en nous moquant de la nuit mouvementée de Yann et de notre pitoyable accent français qui visiblement devient gênant lorsqu’il s’agit de parler de beach ou de sheets 🙂

Le jeudi matin, nous décidons avec Marine de  partir pour une petite ballade non loin du Mont Taranaki à la recherche d’une autre cascade suite à la déception de la veille. Nous proposons à Maryann de venir avec nous. Cette américaine d’une trentaine d’année accepte avec joie, elle nous avouera même que c’est la première fois qu’elle approche le Mont. Nous comprenons à cet instant que Maryann est particulière, en effet ce n’est pas son premier séjour en NZ et son passage au Sun Flower est visiblement pour elle une sorte de retour aux sources dans un lieu pour lequel elle avait travaillé quelques années auparavant. Sachant cela nous étions surpris qu’elle n’ait jamais visité le Mont, nous découvrirons par le biais de la discussion et également après la lecture de son blog, très touchant au passage, que Maryann a des démons à combattre et qu’elle le fait merveilleusement bien. Bon je ne vous cache pas qu’elle sera un peu choquée par la musique électro à fond dans la caisse, ce qui la dissuadera d’ailleurs de venir à Taupo le lendemain avec nous comme Marine lui avait proposé la veille 🙂 Nous finissons par arriver à la cascade dont voici quelques clichés

De retour à l’auberge, nous décidons de profiter des plages du coin, dont une nous avait été recommandée par le médecin : Oakura Beach. Encore une fois nous ne serons pas déçu par les conseils de notre urgentiste préféré, la plage est géante, pleine de sable fin et quasiment déserte malgré le grand soleil que nous avions cet après-midi là. Je ne vous parle même pas de la température de l’eau proche de la perfection, le temps des merdes Aucklandienne nous paraissait désormais très très loin.

Nous passons notre dernière soirée dans l’auberge en chambre séparée, il s’agit de la nuit réservée au dernier moment, la gérante n’a malheureusement pas pu nous laisser dans la même chambre et ayant compris pour le festival, il était facile de saisir le pourquoi. Cela ne nous empêchera pas de prendre notre apéro désormais traditionnel, à base de bières et de nachos, et de profiter des conversations et des délires avec nos amis de passage. On rencontrera d’ailleurs un couple de français, Caroline et Thibaut, avec qui je discuterai longuement sachant que ces derniers sont ici depuis 2 ans maintenant et qu’ils me donnent pas mal de bons plans pour la suite du voyage. Ma nuit allait commencer, et avec elle allait se terminer nos derniers instants à New Plymouth, des rencontres et des paysages encore plein la tête, près à prendre la route pour Taupo le lendemain et retourner au Rainbow Lodge, accompagné cette fois.

C’est tout pour aujourd’hui, et c’est déjà pas mal me direz-vous ! Désolé pour le temps qu’il m’a fallu à écrire ce dernier papier, plus le retard s’accumule et plus il devient difficile de rassembler les détails ! Sur ce je vous laisse, des bisous, en espérant que pour vous tout se passe bien au bureau 🙂

Une réflexion sur “A l’assaut du Mont Taranaki !

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