Arwen et les Argonath

As-salam alaykom !

Admets que tu n’y crois pas ! A peine quelques jours après le dernier, tu as déjà une excuse pour esquiver le boulot et t’évader aux naseaux et à la barbe de ton chef préféré, merci qui ? Si tout se passe bien je devrais trouver le temps de t’écrire plus régulièrement afin de rattraper un peu ce retard accumulé ces derniers mois, et comme tu l’auras compris, ça complique un peu la tâche mais je m’efforce de te maintenir en haleine pour la suite. Les lieux visités pendant cette partie de notre roadtrip sont parmi les plus prisés de Nouvelle-Zélande, les photos devraient donc te plaire mais cela sera frustrant car par contrainte de temps je ne pourrai pas vraiment profiter de tout ces joyaux, j’espère tout de même avoir fait de mon mieux pour nous permettre de voyager ensemble, lecteur. Sans plus attendre, je te laisse t’installer tranquilou, te prendre un p’tit thé ou un p’tit café et te laisser transporter dans les paysages montagneux splendiiiIIIiiides de ce petit bout de paradis.

Nous n’aurons pas pu profiter pleinement des paysages qui entourent Fox Glacier puisque la fin du trajet, à savoir l’entrée dans les montagnes, s’est faite à la tombée de la nuit. Cette petite bourgade qui porte le même nom que le glacier situé non loin a des allures de station de ski, l’hostel est déjà plus peuplé que ceux visités précédemment pour une bonne et simple raison, l’exode des touristes vers l’île sud a commencé, ces derniers voulant tous profiter de la saison de ski qui commencera dans quelques semaines. Il s’agit également de la meilleure période pour réaliser quelques randonnées puisque le temps n’est pas encore trop capricieux ce qui rend la plupart des routes et des chemins accessibles sans pour autant être bondés puisque nous sommes dans l’entre deux saisons. Nous passerons donc deux nuits ici afin d’avoir tout le temps nécessaire à la découverte de Franz Josef situé à une trentaine de kilomètres de là.

« Popopopopop ! Eh dis-donc Jean-Mimi, t’es bien gentil avec ton Fox Glacier et ton Franz Josef là, mais de quoi on parle exactement ? ».. tu as raison de me reprendre lecteur, je pars du principe que tu connais tout ça mais tu n’as certainement jamais mis les pieds en Nouvelle Zélande, et si c’est le cas, un petit rappel ne fait jamais de mal. Franz Josef est le glacier le plus réputé du pays, beaucoup de touristes que j’ai pu croiser et qui avaient ou qui allaient faire l’île Sud m’en ont parlé. Un bon nombre d’activités y sont faisables dont notamment de la randonnée allant de la simple marche à celle accompagnée d’un guide, ce qui est largement conseillé lorsque tu veux aller sur le glacier afin de profiter de tout le potentiel de cet endroit. Nous ne choisirons pas cette option, par manque de temps mais aussi parce que la météo nous permet de l’approcher relativement facilement.. ouai bon, par flemme quoi, enfiler les crampons et faire de l’alpinisme n’était pas vraiment au programme de notre voyage ici mais je te rassure, même sans ça tu en prendras plein la vue. Fox Glacier est le petit frère situé non loin, moins accessible que son voisin, il reste tout de même relativement visité sachant qu’avec la magie du tourisme tu as également la possibilité de les survoler en hélicoptère. Je t’invite à googler pour avoir plus d’informations techniques sur ces deux compères qui sont toujours considérés comme appartenant à la West Coast.

Nous voilà donc le mardi 9 mai, je retrouve mes deux compagnons afin de décoller en direction du parking de Franz Josef Glacier à une vingtaine de minutes d’ici. La météo n’est pas au top, j’entends par là que le ciel n’est pas dégagé mais cela aurait pu être bien pire ce qui finalement nous réjouit à l’idée de passer une excellente journée de plus à ce voyage. Au cas où je prévois quand même mon petit kway spécial backpack qui protègera mon sac à dos et son contenu, comme mon appareil photo, en cas de douche imposée par Zoumba. La première rando que nous ferons, la Sentinel Rocks, ne sera pas la plus compliquée, environ une trentaine de minutes de marche à prévoir afin d’avoir une vue d’ensemble de la vallée au bout de laquelle se trouve le glacier. Arrivés au lookout, vous constaterez ci-dessous que le panorama est déjà magnifique

Eh.. t’as vu non ? Mais si je suis sûr que t’as repéré.. il y a sur cette photo au moins deux waterfalls largement visibles. Et ouuuuai lecteur ! Je m’en rends compte maintenant que je suis là, je vais passer la journée entouré de waterfalls ! C’est pas le paradis ça ? Bon, je vais quand même t’éviter le diaporama de toutes les photos que j’ai pu prendre de ces dernières mais t’auras quand même le droit d’en voir une ou deux. Bref, toute cette eau qui chute comme ça commence à me donner la grosse envie de voir la suite, nous rebroussons donc chemin dans le but de rejoindre la seconde marche qui s’annonce déjà un peu plus longue. Il faudra en effet marcher à travers cette vallée jusqu’à arriver au pied du glacier, tout tout tout au bout du paysage que tu as pu voir ci-dessus. Zoumba décide par contre, devant ce surplus d’étoiles dans mes yeux, de nous arroser une première fois sur la route, bon il est gentil, il met seulement le brumisateur en route, mais quand même, on comprend vite qu’il ne nous laissera pas profiter au maximum de cette expérience. Malheureusement pour toi Zoumba, dans mon pays on a une expression : « Eh, t’es pas en suc’ hein ? » et ouai, j’suis pas en suc’, du coup tu peux m’arroser car normalement, j’devrais pas fondre, en plus j’ai mon magic-kway à sac du coup je me sens un peu comme le roi du pétrole ici, alors oublie !

Nous entamons la marche vers le glacier via la Franz Josef Valley Walk, il s’agit ici d’un aller-retour d’environ 1h30 pour les plus pressés. Cette marche s’est malheureusement rallongée avec le temps car, comme tu as pu déjà le constater peut-être en te renseignant quelque peu sur l’état de notre planète aujourd’hui, le glacier réduit à mesure des années qui s’écoulent comme c’est le cas pour beaucoup de ses confrères à travers le monde, vote écolo aux prochaines élections, ou pas, on va pas parler politique hein ! Je m’égare ! Passons au panorama 🙂 Au menu des cascades, du noir&blanc et des arc-en-ciel ! C’est parti

Bon Zoumba n’a pas dû apprécier l’expression parce que la seconde douche que l’on prend est quand même plus violente. En plus on a l’air bien con au milieu de la vallée car il n’y a pas d’abris, et faire demi-tour maintenant ne nous empêcherai pas d’être complètement trempés de toutes façons.. Nous continuons donc avec bravoure parcourant la track jusqu’à arriver à son extrémité où nous pouvons apercevoir difficilement la glace en raison des nuages qui entourent le sommet du glacier.

Mais je vais être franc avec toi lecteur, malgré les conditions météo qui ne sont pas au top, je me retrouve quand même pendant plusieurs heures dans un lieu que je trouve une nouvelle fois exceptionnel, je retrouve même cette sensation de bonheur absolu déjà ressentie sur ma petite plage (cf Nelson & West Coast). Je crois pour être tout à fait honnête avec toi que c’est la première fois de ma vie que je suis heureux même en étant complètement trempé avec le bout des doigts bien frais. L’immensité des décors qui nous entourent prend le dessus sur tout le reste, Nouvelle-Zélande, je t’aime. Il est quand même temps de décrocher un peu et de retourner voir Glou le van pour profiter de notre pique-nique à l’abri de la pluie qui tombe par intermittence, le temps pour moi de prendre une dernière photo de la vallée sur le retour

La principale mission de la journée étant terminée, nous décidons de rentrer à Fox Glacier avec en tête une forte envie de festoyer quelque peu pour la soirée autour d’une bonne bouffe et de quelques bières. Un barbecue est disponible sur le terrain de camping de mes compagnons de route, qui, cerise sur le gâteau, est à l’abri de la pluie ! Nous passerons donc une excellente dernière soirée dans ces lieux.

Mercredi matin, nous prenons la direction de notre prochain point de chute, Wanaka. Il s’agit d’une petite ville, située dans les montagnes, qui trempe ses petits pieds dans le lac portant le même nom. Cette dernière, à la taille plus réduite que sa grande sœur Queenstown, est l’une des destinations préférées des backpackers français d’après les retours que j’ai pu avoir auparavant. Nous partons relativement tôt car la route s’annonce chargée en paysages à couper le souffle ! 2h30 de route nous sépare de notre destination et sur la route nous aurons l’occasion de voir au moins deux waterfalls ce qui, comme tu le sais si bien désormais, me va à ravir. Je préfère te laisser sur ce diaporama de nos différents arrêts plutôt que de te donner les détails du trajet, car, je parle beaucoup trop et je ne voudrais pas te perdre 🙂 Tout ce que tu dois savoir c’est que, encore une fois, chaque stop, chaque paysage, chaque point d’eau, chaque arbre, lac, oiseau et autre création de mère nature que j’ai pu voir pendant ce bout de route a été pour moi source d’un immense plaisir qu’il devient vraiment de plus en plus compliqué à transmettre par écrit.. Encore une fois lecteur, je t’invite plus que jamais à vivre cette expérience.

Vue sur le Mont Cook (point culminant de la Nouvelle Zélande à 3724m) malgré les nuages

Fox Glacier, de loin

Retour sur la côte pendant quelques kilomètres

Roaring Billy Falls

Bon je me permets de parler un peu ici suite à la photo ci-dessus parce que c’était quand même vraiment chouette cet arrêt. Le chemin pour y accéder nous a fait traverser une forêt pour ensuite arriver sur cette plaine de galets au bout de laquelle on pouvait voir la waterfall. Encore une fois nous étions seuls ici, et c’est quelque chose que l’on connaît rarement sur l’île Nord, il est en effet facile de se retrouver seul mais jamais sur des espaces aussi grands sans voir le moindre touriste. L’île Sud est gavée d’endroits comme celui là et je pense que c’est pour cette raison que la majorité des gens qui viennent se perdre dans cette partie du monde préfère cette île.

Fantails Falls

Blue Pools Walk

J’en profite pour te glisser également quelques photos de la route et des paysages que nous traversons, avec ce sentiment de passer de carte postale en carte postale. Réalité ? Réalité ? Es-tu encore avec moi ? Non ? Roooooh, tant pis 🙂

Une plaine

Après tout ceci nous finissons par approcher le Wanaka Lake, et une fois de plus me voilà comme bouche bée devant tant de magnificence. Je ne t’en ai jamais parlé avant, mais l’un de mes petits délires de ce voyage est de faire un dab devant chaque endroit gigantesque que je croise, c’est une petite dédicace pour mes neveux préférés qui suivent de loin mes aventures, un peu comme toi lecteur. Pour une fois, je t’en partage un. Ce n’est pas le meilleur, mais voilà, comme je n’ai pas vraiment réussi à prendre une photo à la hauteur de mon ressenti à ce moment, je te partage tout de même quelque chose, vois cela comme une introduction avant que je te présente les clichés suivants 😉

La ville se situe de l’autre côté du lac, nous poursuivons donc notre trajet et apercevons sur notre gauche le second lac du coin, Hawea Lake qui est tout aussi magnifique

Nous finissons par arriver à Wanaka qui semble être réellement à la hauteur de sa réputation de ville tranquille où l’on se sent bien. L’hostel que j’ai choisi ne m’aura pas marqué plus que ça, on sent l’usine à touristes et j’essaye d’y passer le moins de temps possible. Je passerai donc la soirée avec mes travelmates en extérieur. Je sais ce que tu te dis lecteur « t’as au moins essayé un resto ? Un truc du coin ? T’as parlé avec des gens ? Meeeeerde ! » Eh bah non, le passage à Wanaka se fera à vitesse éclair, juste pour une nuit. Et comme je te l’ai vaguement expliqué en introduction, cela fera parti de mes regrets. J’aurai vraiment souhaité y passer plus de temps afin de profiter à fond des activités que pouvait nous offrir ce lieu mais la contrainte de temps, notamment due au bas niveau de mes économies, m’obligeait à choisir entre profiter au maximum d’un endroit ou bien faire le tour de l’île en ayant un aperçu de chaque environnement. J’ai préféré le second 🙂 Et puis, rien de m’empêchera de revenir ici par la suite si je m’organise comme il le faut ! J’aimerai donc clore tout de suite le point « jugement » ! Car cette remarque tu te la feras surement plusieurs fois en lisant la suite de mes aventures.

Nous voilà le matin du jeudi 11 mai de l’an de grâce 2017. Le programme de la journée est relativement simple et en accord avec ce que nous avons pu faire précédemment : prendre la route et nous arrêter où le décor nous appellera ! L’objectif du jour est Queenstown, une des destinations préférées des touristes dont je suis sûr tu as déjà entendu parler, ne serait-ce que de nom. Seulement une heure de route sépare Queenstown de Wanaka, cela fera du bien après la journée de la veille où nous avons vu beaucoup en peu de temps. Je serai seul une petite partie de la matinée, ce sera l’occasion de me perdre dans les rues de cette charmante ville et de profiter d’un petit café matinal accompagné de mon livre du moment. Je rejoindrai ensuite mes compagnons de route en direction du lac afin de profiter des quelques rayons de soleil et de réaliser quelques clichés

Nous mangerons nos sandwichs puis monterons dans le van direction l’autre grande ville du coin. Deux possibilités s’offrent à nous pour aller à Queenstown, une autoroute ou alors une route parcourant la Cardrona Valley réputée pour ses paysages magnifiques (oui, encore…). J’imagine, lecteur, comme tu es plein de jugeote, que tu auras compris quelle route nous avons choisi 🙂 Et encore une fois cette route est la hauteur de sa réputation ! Elle me rappelle les routes sinueuses du sud de la France si ce n’est que les collines qui nous entourent sont tout de même plus hautes. Nous nous arrêterons d’ailleurs et profiterons d’un joli panorama de la vallée malgré les nuages qui viennent gâcher la partie

Et là lecteur, ça devient intéressant. Je ne m’adresse pas ici à toi qui suit ma vie avec passion et engouement depuis quelques mois mais bien à toi, fan du Seigneur des Anneaux, curieux de savoir si enfin, tu verras un paysage que tu auras pu apercevoir il y a plus de quinze ans au cinéma (et oui, c’est vieux, t’es vieux). Le prochain stop en est un, il s’agit de la rivière où Arwen repousse les cavaliers noirs. Il est tout de même difficile de reconnaître le lieu qui a bien été retouché en post-prod, mais celui-ci se situe dans le petit village d’Arrowtown, je te laisse faire toi-même la comparaison

Et ce n’est pas fini ! Nous passerons ensuite par la rivière Anduin où se dressent fièrement les Pierres des Rois (ou l’Argonath), le bras tendu au son d’un « Heil Hitler »… non une fois de plus je m’égare.. pardonne moi.. Il s’agit en réalité des Kawarau Gorge où il est encore difficile d’imaginer ces statues géantes tant les images ont été modifiées pour les besoins du film.

Et voilà, après ces deux derniers arrêts sur les traces du tournage de votre film préféré, nous arrivons enfin à Queenstown qui, effectivement, est plus grande que sa petite sœur située plus au nord. Je déposerai mes affaires à l’Aspen Lodge, qui sera mon hostel pour les deux prochaines nuits, puis rejoindrai mes deux compères afin de parcourir les rues de cette petite ville au petit cul bien jolie il faut l’avouer. Le style de Queenstown, coincée entre la montagne et le lac de Wakatipu, est vraiment unique en comparaison des autres villes que j’ai pu faire jusqu’ici dans ce pays. On trouvera sur le waterfront restaurants, commerces et bars où nous finirons par nous arrêter afin de partager quelques tapas accompagnés, une fois n’est pas coutume, de plusieurs pintes. L’occasion également de planifier le programme du lendemain sachant que le but est de faire une randonnée qui s’annonce comme la plus sportive de celles que nous réaliserons ensemble sur cette île. Nous choisirons la Ben Lomond Track, une marche estimée entre 7 et 8h nous permettant d’avoir un point de vue non négligeable sur l’un des sommets les plus hauts des montagnes entourant la belle Queenstown. Il ne faudra donc pas trop tarder dans ce bar afin de profiter d’une bonne nuit de sommeil, le départ est prévu à 9h le lendemain et la journée s’annonce longue.

Vendredi matin, réveil à 8h, je prépare tranquillement mon sac pour la journée, chose qui commence à devenir plutôt habituelle et rapide avec mes expériences de rando précédentes. La météo n’est malheureusement pas au top, sans que de la pluie ne soit annoncée, le temps est nuageux et je crains alors que la vue ne soit pas dégagée lorsque j’attendrai le sommet du Ben Lomond perché à quelques 1748m d’altitude. Le dilemme de la veille a été de savoir où commencerait pour nous la randonnée, le départ peut se faire directement de Queenstown, non loin du niveau du lac, ou alors en haut de la Skyline Access Road qui nous oblige à prendre des œufs (et ces derniers ne sont pas donnés). Problème, commencer par le bas rajoute une bonne heure de marche et mes compères ne sont pas des habitués de ce type de rando. Mais nous finissons tout de même par choisir l’option sans œufs.

Voilà, est venu le temps d’essayer de te faire ressentir un peu, lecteur, ce que j’ai pu vivre en faisant cette marche. Je t’avoue que j’adore de plus en plus les randos, surtout quand il faut en chier un peu pour atteindre son objectif car c’est pour moi l’occasion de tester mes limites tout en obtenant une récompense à la fin, souvent par le biais d’un paysage de folie. Tout bon sportif me comprend sûrement à c’est instant, tout le blabla de testage de limites on l’a déjà entendu dans une pub Nike hein 🙂 Mais je ne suis pas du tout sportif, et ça tu le sais lecteur, notamment quand tu te moques si méchamment de ma carrure de pilier de bar et de mes 6 mois de grossesse ! Bref, la première pente est assez abrupte ce qui fait que mes petits poumons commencent à se faire remarquer à peine dix minutes après le départ, car oui, tu as le droit de m’insulter, mais j’ai repris la cigarette. Nous marquons une première pause puisque le démarrage est également difficile pour l’un de mes compagnons, l’occasion aussi de se dévêtir un petit peu car la chaleur corporelle augmente proportionnellement aux efforts fournis. Nous atteignons quelques dizaines de minutes plus tard une forêt dans laquelle nous nous engouffrons. Etant donné que je me suis déjà un peu entrainé pour ce type d’épreuve lors des mois précédents, je marche à une vitesse relativement raisonnable et je me rendrai compte un peu plus tard que je perds constamment le reste du groupe. Et pour cause, la pente ne s’arrête pas, nous grimpons grimpons grimpons sans avoir une seule minute de répit avec un passage à plat, non, et je comprendrai bien vite qu’il n’y en aura aucun jusqu’à atteindre le sommet.

Après une bonne heure de marche, nous décidons de nous séparer car il parait clair que nous n’avançons pas au même rythme. Nous nous mettons d’accord sur l’heure à laquelle nous retrouver et sur les solutions de secours en cas d’imprévu puis je me remets en avant, désormais seul pour affronter la Ben Lomond Track. Cela me rappelle ma première escapade au Tongariro et c’est avec grand plaisir que je me lance dans cette aventure. La montée est longue, dure, plusieurs personnes que je croise sur la route sont sur le retour et me souhaitent bon courage avec le sourire, comment dois-je le prendre ? Je le comprendrai bien vite.. la pente devient de plus en plus accentuée et la difficulté de la marche augmente en conséquence, de plus mes jambes prennent le pas sur mes poumons et commencent à fatiguer sérieusement. Je m’arrête cinq minutes après 2h30 de marche intense, mange, bois et fais le point sur ma situation. La météo est en effet à chier, après être sorti de la forêt je n’ai fait qu’avancer dans le brouillard, un brouillard particulièrement humide au passage ce qui veut dire que pour le moment, je n’ai pas réellement profité de la vue ce qui explique aussi le manque de photo dans ce passage qui te donne un peu de lecture. Mon petit corps s’alarme mais ma tête va pour le mieux et comme je te l’ai dit plus tôt, tester mes limites est moteur et je pense encore pouvoir aller jusqu’au bout.

Je continue tout de même difficilement tout en me remémorant ce que m’ont dit les différentes personnes à qui nous avons demandé des renseignements concernant cette rando : « la dernière heure est vraiment difficile, la pente est très hard et beaucoup de gens font demi-tour ». Cela me revient encore plus après 3h de marche, lorsque je vois devant moi la pente devenir vraiment plus abrupte, je me dis alors qu’il ne me reste qu’une heure avant d’atteindre le sommet ce qui me motive à continuer. Oui mais non, lecteur, ce ne sera pas du tout le cas, car après une petite demi-heure où j’en chierai profondément, j’attendrai ce gentil panneau qui indique nonchalamment « Ben Lomond Submit : 1hr »… et là, là lecteur, je comprends que le moment réellement difficile commence, ce que j’ai du mal à imaginer étant donné ce que je viens de me taper.

Mais qu’à cela ne tienne, on a dit tester ses limites ! Et je suis vraiment curieux de savoir si j’y arriverai. Je me remets donc en route, plus lentement, tentant d’économiser l’énergie qu’il me reste, je comprends également que je ferai ça non pas pour la vue mais pour le sport puisque le brouillard persiste ce qui m’empêche clairement de profiter du paysage, tant pis ! Les pauses sont de moins en moins espacées et la pente s’apparente désormais plus à de l’escalade qu’à de la marche, cela est également bon signe, je me dis que le sommet ne doit plus être très loin. Seulement la fatigue commence à être plus que présente et je pense au retour qui sera vraiment difficile si mes jambes commencent déjà à refuser d’avancer. Mais le mental prend le dessus et après avoir vraiment, mais vraiment galéré je finis enfin par arriver au sommet. La vue est tout simplement… ah bah non, on ne voit rien à cause du brouillard 🙂 Je ne serai pas seul ici, d’autres motivés seront là, nous discuterons à l’occasion d’une pause déjeuner bien méritée.

Tu te souviens des oiseaux relous de la Nouvelle Zélande ? Et bah même au sommet du Ben Lomond un Kea a trouvé le moyen de venir et de tester notre patience en tentant par tous les moyens de nous piquer notre bouffe ! J’ai peine à y croire.. le proverbe est décidément valable en tout lieu

Après une bonne petite demi-heure je décide de redescendre en espérant que la vue finira par se dégager même si je perds un peu espoir. Et c’est là que Zoumba, dans son immense générosité, se permet de souffler un peu fort afin de faire partir quelques nuages, oui ! La vallée en contre-bas que je peux apercevoir désormais est magnifique, je regrette un peu de ne pas pouvoir en voir un peu plus mais j’arrive quand même à utiliser pour la première fois de la journée mon appareil photo afin d’en garder un souvenir

La suite est encore plus magique, le soleil est là, les nuages en hauteur et Queenstown ainsi que le Lake Wakatipu se dévoilent enfin

Je suis comblé, la fatigue est palpable mais bien moins intense qu’à la montée, je redescendrai avec ce sourire niais si caractéristique qui m’aura suivi tout au long de mon voyage (enfin, à partir de Rotorua si tu as suivi le début 🙂 ). Ben Lomond, tu a été particulièrement agressif avec moi mais tout de même je t’apprécie fortement, merci de m’avoir donné cette première sensation de dépassement depuis le début de cette épopée sur l’île Sud.

Les plans que j’avais fait rapidement avec mes amis tombent un peu à l’eau, le timing n’étant pas tout à fait comme je l’avais prévu, la redescente est beaucoup plus rapide et j’ai donc plus d’une heure d’avance. Je décide de rentrer à pied à l’hostel ce qui rajoute encore 1h de marche mais cela me parait vraiment simple à côté de l’ascension que j’aurai fait le matin. La soirée sera relativement courte et pour cause, le repos est désormais nécessaire. Nous en profiterons quand même pour retourner près du lac afin de nous raconter nos péripéties de la journée et d’organiser la journée suivante dont le point de chute sera Te Anau, aux portes des sublimissimes Milford Sound.

Bon, cela commence à faire beaucoup de blabla pour un petit article et j’en suis arrivé à me fatiguer moi-même, je me demande d’ailleurs comment tu as fait pour arriver jusque là ! Il est donc temps de te quitter lecteur, en te laissant sur ces dernières photos prises le lendemain matin au départ de Queenstown. Je n’aurai pas été un bon Jean-Michel Photographe dans cette ville et je te demande de me pardonner car elle mérite dix fois plus que cela, ce sera d’ailleurs encore une fois l’un de mes regrets, ne pas profiter plus longtemps de son ambiance et des autres randonnées que l’on peut faire par ici mais voilà, tu en connais la raison. J’espère que tu as apprécié cette escapade dans les Alpes Néo-Zélandaise pendant que tu es au bureau où, je n’en ai le moindre doute, tout se passe pour le mieux, assis là, sur ta petite chaise, bien installé 🙂 Je te fais des bisous et te dis à bientôt !

3 réflexions sur “Arwen et les Argonath

  1. Aaah! J’allais dire sur le dernier article « what? Deux mois sans article et tu nous raconte a peine 10 jours de voyages ? » Mais non, j’ai bien fait d’attendre (c’etait aussi pour te faire poiroter hein, ben oui, 2 mois sans article, tu ne pensais quand meme pas avoir un commentaire juste apres sa sortie!).
    Gros gros gros coup de coeur pour la photo avec l’arc en ciel et le glacier en fond, j’ai bien du passer 10min à la regarder en long en large et en travers!
    Et chapeau (melon et botte de cuir) pour la rando, surtout sachant que le point de vue ne serait pas au rendez-vous.
    Une petite question, j’ai louper un truc avec Zumba? Tu l’as expliqué dans un autres article et je ne m’en souvient pas? J’ai bien cru comprendre qu’il s’agissait de la météo (bien qu’au début j’ai cru que c’était juste la pluie), ça sort d’où?
    Gros bisous voyageur

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