Coucou, tu veux voir mon Fiord ?

Sanibonani !

Eh salut toi ! Comment tu vas ? Bah non, tu parles pas, t’es un lecteur. Eeeeeeh bah moi, figure toi que je pète complètement la forme ! Mais depuis le temps que je te les casse avec ça j’imagine que t’avais compris. Il est loin le temps où je te partageais mes déboires avec la réalité hein ? Bon, je te rassure, on est au mois de septembre, et en plus d’être pour toi synonyme de rentrée et de retour à la vie de rêve après des vacances de merde, ça signe aussi pour moi l’entrée dans la dernière partie de ce long voyage. Mais voilà, je suis toujours là à vivre ma p’tite vie pépouze de hippie dans la campagne néo-zélandaise pendant que tout se passe au mieux pour toi au bureau, et je sais qu’au fond, t’aimes quand même lire cet espèce de journal intime publique que je te partage depuis maintenant six mois, voyeur que tu es (#hatersgonnahate). Ah oui, tu peux m’en vouloir de généraliser toujours en t’assimilant à un collègue de bureau, mais je te rassure, je sais que tu peux aussi être retraité, chômeur, au foyer, étudiant ou encore père-noël à Auchan Mont Gaillard, alors remplace « bureau » par ce que tu veux et sache que je t’aime tout autant ! Aller, je ne te fais pas patienter plus longtemps, j’essayerai de faire un peu plus court ici car pour être tout à fait franc, ce petit bout de planète que je m’apprête à te décrire mérite amplement son article dédié, alors pour une fois, il ne concernera qu’une journée de ce roadtrip avec, en bonus, l’avant et l’après juste pour le plaisir de te rajouter trois pages de plus ! Enjoie

Nous sommes le samedi 13 mai, les quelques rayons de soleil, qui se sont faits timides ces derniers jours, arrêtent enfin de se cacher derrière les nuages pour éclairer la belle Queenstown. Les efforts de la veille ainsi que le planning peu chargé de la journée nous permettent de prendre notre temps ce matin, l’occasion pour moi de dérouler ma traditionnelle checklist de repackaging en toute sérénité (les backpackers savent). J’en profiterai même pour dire au revoir à mes room mates avec qui j’ai eu quelques discussions intéressantes les deux soirées précédentes, chose plutôt rare en ce roadtrip sud-islandais puisque d’habitude je pars comme un voleur quand tout le monde ronfle encore, passionnant non ? Après avoir quitté l’hostel, je me ballade seul dans les rues de Queenstown avec pour objectif de trouver un café où me poser en attendant mes acolytes. Ce sera un fail total puisque tout est déjà quasiment plein (bah oui, j’ai pris mon temps), je finirai en bord de lac à prendre le peu de clichés que tu as déjà vu dans l’article précédent après avoir petit-déjeuné totalement à l’arrache. Ca parait peu ragoutant comme ça ? Et pourtant lecteur, tu n’imagines pas à quel point il est jouissif de vivre cette sensation de liberté, sensation que tu éprouves en te laissant guider au gré de tes envies dans les rues d’une ville située à l’antipode de ton pays natal, arborant fièrement ces deux sacs, un sur le dos et l’autre sur le ventre, qui contiennent à eux seuls (presque) tout ce que tu possèdes ici bas, à savoir 20kg de fringues et autres accessoires de mode.

La dreamteam finit par me rejoindre et nous embarquons pour notre prochaine étape, Manapouri. Le trajet se fera sans véritable pause, pour cause, nous voulons manger en bord de lac avec vue sur les formes plus que sexys du sublime Fiordland National Park. Oui lecteur, nous atteignons désormais le sud de l’île sud et les paysages que nous verrons ici peuvent faire penser à notre Europe chérie et ses pays scandinaves,  à savoir de la montagne qui plonge dans la mer ! La météo a enfin décidé d’arrêter ses caprices et c’est sous le soleil que nous profiterons de notre pique-nique en bordure du Lake Manapouri

Nous nous dirigeons ensuite vers notre hostel … « Comment ça NOTRE hostel ?! Ils ne sont pas en van les autres ?! Je comprends plus rien.. ». Ne panique pas lecteur ! Tu as raison ! Il faut savoir qu’il était très difficile de trouver un carpark gratuit non loin de Te Anau, notre point de chute pour la nuit, nous avons donc décidé de tous crécher dans le même hostel, et tu sais ce que ça veut dire ? « Bah oui, vous allez ENCORE prendre l’apéro, parce que pas de voiture à prendre alors rien à branler c’est ça ? ».. Ouai c’est ça, mais tu pourrais au moins me laisser le plaisir de te le dire et rentrer un peu dans mon jeu bordel !

Et alors là, comment te dire… je crois que d’utiliser l’expression du « coup de foudre » pour te décrire notre ressenti face à cet endroit est largement représentatif et juste. Afin de te donner un petit aperçu de ce que nous avons sous les yeux à ce moment là, sache que cette auberge se prénomme le Barnyard Backpacker, t’es plutôt balaise en anglais ou je dois te traduire ? « Grrrrr ».. désolé, je m’emporte, comme toujours. Barnyard signifie basse-cour dans notre charmante langue de Molière, en gros, on est à la campagne. Et non loin d’une basse-cour on trouve généralement… une grange. Et bien lecteur, la grange sera le bâtiment central de cette immense propriété avec vue sur les montagnes au loin, comme pour nous rappeler à chaque regard vers l’horizon ce qui nous attend le lendemain. A l’extérieur, nous ne voyons pas d’autres véhicules pour le moment ce qui signifie que nous serons peut-être seuls, ou alors peu accompagnés et crois-moi, ça fait du bien après Queenstown et Wanaka qui étaient (raisonnablement) peuplées. A l’intérieur se trouvent la cuisine, la réception ainsi que la salle à manger où de grandes tables sont disposées à la manière d’un restaurant autour d’une cheminée centrale. A l’étage nous profiterons du coin détente et de son billard au tapis bien fatigué. Le tout-en-bois du décor ajoute une touche chalet vraiment appréciable à cet endroit somptueux. Après avoir été très bien accueillis, la petite dame nous emmène dans nos chambres respectives qui, visiblement, ne se situent pas dans le même bâtiment. En effet, il faut sortir et descendre en contrebas pour apercevoir cette lignée de bungalows où nous passeront les deux prochaines nuits. C’est juste incroyable, ces derniers sont orientés directement vers la vallée, la propriété étant légèrement en hauteur, la vue depuis nos chambres est tout bonnement magnifique et, cerise sur le gâteau, le coucher de soleil sera directement observable d’ici.

Je suis pour le moment seul dans mon dortoir, j’espère à cet instant qu’aucun invité surprise ne fera son apparition pour la nuit ! Après nous être installés, nous fonçons au supermarché de Te Anau  pour faire les quelques courses nécessaires à la soirée. L’objectif est de revenir pile poil pour nous asseoir devant nos baraquements afin d’observer notre magnifique étoile disparaissant derrière les chaînes de montagnes du Fiorland National Park laissant place à ses congénères situées à des années lumières de notre petite planète bleue.

Par la suite, je veillerai seul, avec mon appareil photo et une chaise en guise de trépied afin de prendre le cliché ci-dessous, puisque nous nous levons relativement tôt le lendemain matin et notre pilote doit être en forme.

Ah oui, et au final mes espoirs de rester seul sont tombés à l’eau car un couple m’a rejoint dans le dortoir, ces salauds m’ont fait espérer jusqu’au bout en arrivant 5min avant l’heure de fermeture de la réception.

Le dimanche commence par un réveil à 7h du mat, la visite prévue aujourd’hui est l’une de celle que j’attendais le plus lors de mon roadtrip sur l’île Sud, elle fait partie de ce que je nommerai ici le trio de la mort composé de Queenstown, Abel Tasman National Park et notre intéressé, à savoir Milford Sound. Il s’agit d’un des endroits le mieux vendu par les précédentes rencontres avec qui j’ai eu l’occasion de discuter maintes et maintes fois de cette partie de la Nouvelle-Zélande. Autant te dire lecteur que la pression est à son comble ! Je me sens un peu comme le gars qui va aller voir un film dont les critiques sont toutes hyper bonnes et qui du coup a très peur d’être déçu. Je serai vite fixé, le départ est prévu à 7h30, nous avons 2h de route et notre ferry de touristes part à 9h55 ! Et ouai t’as vu, je suis précis ! C’est important d’être précis dans la vie, note ça dans un coin.

Il y a pas mal de choses à voir sur la route mais le timing étant serré, nous prendrons la décision de nous y arrêter sur le chemin du retour, ce qui au final n’est pas plus mal puisque tous les touristes que nous croisons s’arrêtent au fur et à mesure ce qui nous garantie une place libre sur le parking. En effet, notre hôtesse nous a expliqué qu’il pouvait être compliqué de trouver une place, le parking n’étant pas assez grand pour recevoir tout le monde, cela signifie que les derniers arrivés devront marcher pendant un bon moment avant d’atteindre les quais d’où partent les nombreux bateaux de croisière.

Nous arrivons finalement à l’endroit voulu et trouvons une place de choix, même si le parking à notre grande surprise est déjà un peu rempli. Le temps de prendre un petit café et nous voilà en direction des quais afin d’embarquer sur le bateau qui nous emmènera à travers les montagnes grandioses des Milford Sounds. Ce qui va suivre se passe de commentaires, j’ai d’ailleurs passé les 2h de croisière sans réellement parler avec mes amis, restant bouche bée devant ce qui est pour moi l’un des endroits les plus magnifiques que j’aurai pu voir jusqu’ici. Oui je sais lecteur, ce n’est pas la première fois que je te dis ça, mais c’est bien ça l’intérêt de ce voyage, l’étonnement rappelle toi. Et avec ce pays mon bonheur se comble à chaque jour passé par le nombre de joyaux qu’il peut m’offrir durant cette longue escapade. Je t’invite donc à profiter des photos suivantes qui décriront surement mieux que moi la beauté de ces espaces et la tranquillité qu’ils inspirent.

Vois-tu lecteur, ce genre d’endroit sur la planète a une capacité sans égal à tout te faire oublier, il te balance implacablement à la gueule à quel point tu n’es rien face aux grandeurs de mère nature. Tes problèmes d’hémorroïdes, tes soucis avec les collègues, tes potes qui t’insupportent en mangeant la bouche ouverte ou encore les Jean-Michel Costard qui t’expliquent en permanence comment relancer la croissance te semblent tellement loin lorsque tu prends le temps de te vider l’esprit et de profiter du moment présent. Je t’invite pour la 17e fois à vivre cette expérience et à t’étonner également, et cette expérience tu peux la vivre n’importe où. Je comprends maintenant plus que jamais l’importance d’amener le voyage dans sa vie, notre planète est magnifique et nous sommes, en tant qu’être humain, le fruit hasardeux d’une probabilité d’existence infime ayant la chance de pouvoir observer cela consciemment dans un univers dont les limites dépassent totalement notre entendement.

Après cet instant réflexion, permets-moi de te raconter la petite anecdote de la journée. Peu avant d’entrer dans le long tunnel qui nous sort de cette cuvette des Milford Sound nous nous sommes arrêtés afin de prendre une dernière photo de ce paysage magnifique

Lors de notre pause, un couple d’asiatiques louant un camping-car qui semblait clairement au dessus de tes moyens, tente de repartir de l’endroit où nous nous situons, au beau milieu d’une pente bien prononcée. Ils ne font pas dix mètres que de la fumée noire sort de l’avant et leur monture, qui pourtant semblait plutôt récente, jette l’éponge et refuse d’avancer plus longtemps. Nous tenterons de les dépanner, nous apercevant que le niveau d’huile est vraiment au plus bas. Pour être franc je pense à cet instant qu’il est trop tard pour ce pauvre petit couple, la remontée parait impossible. Un groupe de personnes s’arrête et vient à notre rencontre pendant que nous essayons de voir ce qui ne va pas. Le monde étant petit, il s’avère que ces personnes sont françaises et qu’ils crèchent dans le même hostel que nous, Aurélie, Lucie et Louis-Armand. Ces derniers dépanneront généreusement nos Coréens-Japonais leur donnant la fin d’un bidon d’huile qu’ils avaient dans leur voiture. Tous ensemble, nous tenterons par la suite en vain de faire comprendre à ce charmant petit couple que le seul moyen pour eux de s’en sortir est d’appeler un garage, sachant qu’ils ne peuvent pas le faire de ce côté du tunnel puisqu’aucun réseau n’est disponible dans cette cuvette, nous leur proposons donc de monter avec nous. Ils nous expliquent alors qu’ils n’étaient pas autorisés par la compagnie de location à aller aux Milford Sounds et finissent par nous remercier gentiment en restant là, sur le bas-côté, refusant toute aide de notre part. La légende raconte qu’ils y seraient encore.

Surexcités à l’idée de retourner chiller et profiter de la vue du Barnyard Backpacker, je t’avoue lecteur que nous limiterons finalement le nombre de pauses que nous ferons sur le chemin du retour. J’ai tout de même pu prendre quelques photos qui peuvent te paraître bien fades après les paysages que tu as vu précédemment, mais tout de même, ce blog ayant initialement pour vocation de te partager de la photo en masse laisses moi te les montrer :

Et c’est là que je te laisserai pour aujourd’hui lecteur, d’une part parce que je n’ai plus de photos à te montrer et d’autre part parce que comme je l’ai expliqué au début, Milford Sounds méritait son propre article. J’espère que tu ne m’en voudras pas trop, puis je suis sûr qu’au fond tu me remercies, ça fait du bien pour une fois de ne pas trop avoir de lecture et quelques jolis clichés non ?  Je ne te laisse quand même pas sur la béquille et te donne une dernière info super utile pour briller en soirée : si tu as déjà vu Alien Covenant alors certain de ces paysages ont dû te paraître familier 😉

Aller, je te fais plein de bisous et espère, comme toujours, que tout va à la folie pour toi au bureau !

4 réflexions sur “Coucou, tu veux voir mon Fiord ?

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